Est-ce que le programme du Choix de l’école est vraiment utile ? La formation et l’accompagnement proposés à nos profs fonctionnent-ils vraiment ?
Ce sont les questions que nous nous posons tous les ans, pour justifier notre action et montrer que les initiatives menées par Le Choix de l’école ont un véritable impact.
Nous avons donc demandé aux profs que nous accompagnons et aux alumni du Choix de l’école de répondre à une petite enquête, pour nous aider à mesurer notre impact. Voici les principaux résultats.
Carte d’identité : qui sont les enseignants du Choix de l’école ?

Qui sont les profs que nous accompagnons ?
L’imaginaire collectif est vrai, il y a plus de femmes qui enseignent que d’hommes1. Au Choix de l’école, nous observons aussi ce décalage dans nos cohortes : nous avons 63% de femmes et 37% d’hommes.
La moyenne d’âge est de 33 ans. Le benjamin du programme a 24 ans et le doyen 58 ans. Comme quoi, il n’y a pas d’âge pour se reconvertir, tout le monde a sa place dans le collectif du Choix de l’école !
Les enseignants que nous accompagnons ont des parcours académiques divers : université, école de commerce, école d’ingénieur, institut d’études politiques… c’est une vraie richesse au sein des cohortes mais aussi pour les élèves, qui ont des professeurs aux parcours inspirants.
Où enseignent nos profs ?
Presque ⅓ de la cohorte enseigne en primaire, ⅓ en collège et ⅓ en lycée pro : de quoi avoir de l’impact quel que soit l’âge des élèves ! Les profs en primaire enseignent toutes les matières et ceux dans le secondaire enseignent dans les matières les plus déficitaires : maths, français, économie-gestion, lettres-histoire… (lien vers la page du site quelle matière)
Jusqu’à la fin de l’année scolaire 2025-2026, Le Choix de l’école est partenaire avec 6 académies (Amiens, Aix-Marseille, Créteil, Lille, Paris, Versailles). Une nouvelle académie rejoint le partenariat en septembre 2026 : l’académie de Lyon. La plupart des enseignants accompagnés (63%) sont contractuels en Ile-de-France, dans les académies de Créteil, Paris et Versailles. Une grande partie de la cohorte est aussi réunie dans l’académie d’Aix-Marseille (28%). Les académies du nord (Lille et Amiens) accueillent quant à elles 9% de nos enseignants.

Appréciation générale du programme
Les profs ont noté le programme 9,5/10 ! Une très bonne note qui témoigne de la satisfaction des enseignants à propos de l’accompagnement proposé par l’association.
96% des enseignants se sentent bien accompagnés au cours des deux ans du programme.
Et surtout, 96% des enseignants se sentent appartenir à un collectif. C’est un des points d’attention majeur du programme, pour créer une cohorte soudée avec des enseignants prêts à s’entraider, quelle que soit la situation.
Résultat de notre mesure d’impact ? des profs engagés !
Une tendance très nette issue des résultats de la mesure d’impact est que les enseignants du Choix de l’école sont très engagés.
⅔ des alumni choisissent par exemple d’enseigner en REP. Bien loin de l’image d’une affectation subie dans les quartiers dits difficiles, les enseignants font le choix de l’éducation prioritaire car ils connaissent l’impact qu’ils peuvent avoir.
C’est par exemple ce qu’explique Léon, qui a lui-même été élève en éducation prioritaire :
“J’ai été élève en éducation prioritaire au collège. J’ai adoré mes années collège, j’en garde un super souvenir. Je pense qu’il y avait des moments très difficiles pour les profs : il y a des élèves qui n’accrochent pas toujours à la matière, des profs qui n’arrivent pas toujours à faire passer les messages, à tenir la classe, il y a des problèmes de discipline… Mais j’en garde un super souvenir parce que, ce que j’en retiens, ce sont des enseignants hyper investis, hyper soudés entre eux. Pour moi, c’était un peu l’école de la vie parce qu’il y avait tous les horizons, tous les milieux sociaux qui étaient là. Donc le collège a été vraiment un espace de réalisation et ça a nourri en moi l’envie d’enseigner en éducation prioritaire” – Léon, prof de maths.

Les profs du Choix de l’école voient aussi plus loin que leur simple discipline. Ils veulent bien sûr transmettre des savoirs académiques à leurs élèves mais ils veulent aussi leur apprendre à avoir confiance en eux (pour 74% de nos profs, c’est une priorité) et leur transmettre le goût d’apprendre (une priorité pour 64% de nos profs). Ce sont deux éléments essentiels pour aider les élèves à grandir et à les rendre autonomes.
Mariella explique ce rapport ambivalent à la matière qu’elle enseigne, qui est très importante mais pas son unique préoccupation dans son métier :
“Ce que je préfère dans ma relation avec mes élèves c’est, paradoxalement, l’à-côté de ma matière. J’ai choisi d’enseigner le français car c’était pour moi une évidence, étant donné que ça a toujours été ma matière préférée. Mais malgré tout, la discipline reste un prétexte. Ce qui m’intéresse le plus dans ce métier, c’est la relation à l’élève, les petits à côté, ce que les élèves viennent me confier, la confiance que m’accordent les élèves pour les aider à grandir en tant qu’adolescents et futurs adultes. Je valorise beaucoup tout ça et c’est ce qui m’attache à ce métier.” – Mariella, prof de lettres.
Motivations et freins au métier : quel impact sur l’engagement des profs ?
Les motivations
Quelles sont les raisons pour lesquelles les enseignants que nous accompagnons choisissent de se reconvertir ?
3 principales raisons émergent :
- Contribuer au développement académique et professionnel des élèves
- Exercer un métier qui a du sens
- Servir l’intérêt général

Mélanie a rejoint le programme en juillet 2025 et nous raconte son parcours professionnel :
“J’ai une formation d’ingénieur chimie et j’ai eu l’opportunité de travailler en marketing lors de mon stage de fin d’étude. J’ai évolué dans mon entreprise en travaillant dans le marketing, en tant que business analyst et dans le commerce. Dans ce milieu, on apprend énormément de choses et je n’ai aucun regret mais parfois, on a se sentiment de perte de sens, d’arriver à un plafond à cause d’un manque de perspectives d’évolution et travailler dans le privé n’est pas toujours évident. J’ai donc décidé de partir de mon entreprise. Je suis devenue maman ce qui m’a encouragé à accélérer ma reconversion et j’ai entrepris un bilan de compétences pour savoir où est-ce que j’en étais. Le fil conducteur de mes expériences précédentes qui en est ressorti est que j’aimais former des stagiaires et des adultes et que j’aimais transmettre. Ces sont des choses qui m’animaient et donc je me suis dit pourquoi pas me lancer dans l’enseignement” – Mélanie, prof de maths
Les freins
Nous savons que le métier d’enseignant n’est pas un métier facile. Aussi, nous avons demandé à nos enseignants ce qui les empêcherait de se projeter sur le long terme dans le métier. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, la rémunération n’est que le 5ème frein. Le principal obstacle à la projection dans le métier est l’affectation géographique subie. En effet, en début de carrière, les nouveaux enseignants ne sont pas prioritaires pour choisir leur établissement. Ils peuvent donc être affectés très loin de chez eux, parfois dans d’autres académies, ce qui peut être très compliqué à combiner avec la vie personnelle.

Que deviennent les enseignants à l’issue du programme ?
Si les enseignants s’engagent pour deux ans avec Le Choix de l’école, ils peuvent ensuite choisir de continuer à enseigner ou de se diriger vers d’autres horizons professionnels.
Le graphique ci-dessous illustre la répartition des secteurs vers lesquels se tournent les enseignants que nous accompagnons. 61% d’entre eux continuent à enseigner au sein de l’Éducation nationale et 12% continuent à travailler sur des sujets en lien avec l’éducation.

Conclusion
Cette année encore, les résultats sont à la hauteur de l’investissement des équipes du Choix de l’école. Les enseignants sont globalement très satisfaits du programme, qui les aide à oser se lancer dans le métier.
Pour être encore plus précis à l’avenir, une doctorante chercheuse, Léna Courteix, a rejoint l’équipe. Sa mission ? refonder la méthodologie de la mesure d’impact et collecter plein de nouvelles données sur l’impact du programme. Nous avons hâte de découvrir les prochains résultats !
